Méditation du Jeudi Saint : l'Institution de l'Eucharistie, par Marcel, diacre accompagnateur


service catéchuménat Sens Paron Saint Clément


Evangile de Matthieu chapitre 13 versets 1 à 15 (Mt 13,1-15)

« Ceci est mon Corps livré pour vous »

Ce Corps de Jésus livré pour nous dans le Pain partagé que nous recevons ce soir du Jeudi Saint, où nous faisons mémoire de l’Institution de l’Eucharistie, nous nous devons de l’accueillir au creux de nos mains, plus encore, au plus profond de notre être, comme Marie a elle-même accueilli le Corps de Dieu incarné en elle et recueilli le Corps de son Fils sur son sein, quand il fut descendu du bois de la Croix après la Passion.

Dans le geste de la fraction du Pain, dans le Vin offert, c’est ce même Corps qui nous est donné pour faire germer en nous une semence de vie éternelle.


« Faites ceci en mémoire de moi … »

En réitérant ces gestes de Jésus, nous faisons Mémoire de Lui, non pas seulement de manière intellectuelle, mais aussi concrètement, car dans le pain consacré Il est réellement présent, là parmi nous.

Ressuscité, son Corps jadis mortel est encore disponible, pour ceux qui ont faim et soif, mais sous une autre forme, dans l’Eucharistie qui est le Don qu’il a fait à ses disciples avant d’aller prier à Gethsémani… C’est le reposoir où nous sommes invités à « veiller et prier » avec Lui.

Le geste du lavement des pieds …


Avec le lavement des pieds, par ce geste intime, Jésus bouscule toutes les préséances, le maître se fait serviteur, et il nous invite à faire de même.

Laver les pieds de son prochain c’est toucher le Corps du Seigneur en acceptant de se faire serviteur à sa suite : « Tout ce que vous faites à ces plus petits qui sont mes frères c’est à moi que vous le faites » (Mt 25,40)

Jésus qui lave les pieds de ses disciples, c’est Dieu qui se prosterne aux pieds de l’Homme par amour et dans le souci du frère, le chrétien, l’eucharistié, devient ami, frère du Christ et témoin de l’Amour qui rend service. C’est le ministère de la diaconie … l’Eglise est servante de l’Humanité et chaque chrétien se doit d’être diacre, serviteur, comme le Seigneur nous l’a demandé.

C’est sur cela que le Christ nous attend …

Même si l’Eglise est secouée, critiquée, souvent remise en question… que faire ? Sinon se laisser façonner, transformer, transfigurer, en Eglise par le Pain de Vie. Accepter de se faire « laver les pieds », pétrir de manière eucharistique pour devenir, peu à peu, ce que nous sommes depuis notre baptême dans la dynamique de l’Esprit : Le corps fraternel du Seigneur.


Ce n’est pas pour rien si à la messe on parle des deux tables : La Table de la Parole et la Table de l’Eucharistie. Elles nous nourrissent pour nous aider à ressembler à Celui qui nous envoie …

L’Eucharistie a une étonnante fécondité. Si quelque part l’Eglise fait l’Eucharistie par ses ministres et pour le Peuple de Dieu, c’est l’Eucharistie qui ne cesse de faire Eglise, de bâtir l’Eglise dans le rassemblement fraternel de ses membres solidaires, dans la variété des services et des charismes.

Et comme le dit Paul : « Le pain que nous rompons n’est-il pas communion au corps du Christ ?... (Co 16,17)

Le Repas du Jeudi saint est donc vital pour les chrétiens puisque le Seigneur nous invite à comprendre qu’il y a toujours un corps qui nous aime : Celui du Christ ressuscité et un corps à aimer celui de notre frère encore crucifié.

« Ainsi donc chaque fois que vous mangez ce pain et vous buvez à cette coupe, vous proclamez la mort du Seigneur, jusqu’à ce qu’il vienne. » (1 Co 11,25-36)

Alors « Prenez, mangez ! Prenez, buvez ! »

Prenez … jusqu’à la fin des temps et pour l’éternité. AMEN !


































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